Il y a 9 ans, mon corps et mon esprit étaient épuisés, comme si je portais une charge trop lourde. On m’a diagnostiqué une dépression. Ecrire cet article est difficile, car je ressens de la honte et de la culpabilité. Je me sens coupable d’être fatiguée sans raison « valable ». Tout s’est arrêté.

Passions, défis et famille
Je suis née à Fontenay-sous-Bois (94) et j’ai grandi à Bondy (93). Ensuite, j’ai déménagé en Martinique, puis en Guadeloupe. Découvrir mes origines. Je suis revenue en France, j’ai obtenu mon baccalauréat professionnel en secrétariat, j’ai eu divers emplois en tant qu’assistante.
Mariée et mère de 3 enfants, j’ai toujours cherché à offrir le meilleur à ma famille. J’étais aussi passionnée par l’écriture, les jeux vidéo, tels que les Sims, et les voyages. Malheureusement, ma vie a été bouleversée par la fatigue, l’anxiété et la tristesse.
Quand les nuages s’accumulent
Les premiers signes de ma dépression sont apparus quand j’avais 22 ans, après une agression sexuelle (mon agresseur a été condamné). Cependant, j’ai continué d’avancer sans prendre le temps de soigner mes blessures. Ce n’est qu’en 2016, lors du licenciement injustifié de mon mari, que la dépression m’a frappée de plein fouet. Ajouter à cela, les conflits avec mon ex-mari, ainsi que des problèmes au travail avec des managers toxiques.
A chaque épreuve, la tristesse s’intensifiait, mon énergie se faisait plus rare et mon envie de me projeter dans l’avenir diminuait. Malgré plusieurs hospitalisations et traitements, la maladie persistait, devenant une compagnie silencieuse. Je me suis accrochée, portée par l’amour de mes enfants, de mon mari et le soutien de ma famille, en ayant toujours espoir qu’un jour, je reviendrais à la lumière.
Le poids invisible de la dépression
Malgré mon apparence de femme souriante, organisée et impliquée dans mon travail d’assistante administrative, je continuais de dissimuler la réalité de ma maladie. Car, la dépression est une maladie qui nécessite un traitement spécifique.
Je souriais et participais aux conversations, comme si de rien n’était. En réalité, je me protégeais, m’efforçant de dissimuler ma peine aux yeux des autres. Cette façade nécessitait beaucoup d’énergie, chaque jour était un combat pour me préserver.

Je ressentais une profonde tristesse
Il y a quelque mois, un centre expert m’a confirmé que je luttais contre la dépression, l’anxiété excessive et une faible estime de moi-même, aggravés par une fatigue. De plus, le traitement que je prenais ne me soulageait pas vraiment. J’ai eu tellement de difficultés à le suivre, que ce soit à cause de mes oublis, de ma flemme ou alors je me sentais coupable d’être malade. Je refusais d’accepter tout ça, alors je me suis mise à noyer mon chagrin dans l’alcool. Une très mauvaise idée ! Cela m’a peut-être donné l’impression d’aller mieux sur le coup, en me rendant moins angoissée, cependant au final, ça n’a fait qu’empirer les choses. Un vrai cercle vicieux…

Vers la lumière, pas à pas
Aujourd’hui, j’entame un nouveau chapitre en suivant un traitement approprié, avec des séances régulières chez un psychologue et un nouveau psychiatre. Chaque petit pas m’éloigne un peu plus des ténèbres et me guide vers la clarté du rétablissement. Parce qu’au fond, même lorsque tout s’arrête, on peut toujours recommencer et je suis contente d’avoir persévéré.
De plus, je prends le remps de me réorienter vers une nouvelle carrière, ce qui se fait progressivement.
Trouver un refuge inattendu
Au milieu de tout cela, j’ai trouvé un refuge inattendu dans l’écriture. Sous le pseudonyme d’Emilie Tulle, j’ai publié 2 romans : « J’ai tué mon beau-père » et « Laisse le soleil venir à toi », que j’ai moi-même autoédités.
Cette passion, que j’avais mise de côté pendant des années à cause de mon ex-mari. Elle a été au final ma bouée de sauvetage. L’écriture m’a permis d’exprimer mes émotions, de m’évader, mais aussi de retrouver confiance en moi.
Aujourd’hui, je peux affirmer que mes livres sont le témoignage de ma résilience et de ma capacité à transformer la souffrance en création.
Explore mes œuvres littéraires et mon univers.
Un combat quotidien contre l’invisible
J’avance lentement, mais sûrement, et même si je trébuche parfois, je persévère et j’ai toujours la détermination de retrouver la lumière qui s’est soudainement éteinte un jour. En effet, malgré les obstacles, il y a toujours une chance de repartir à zéro, de recommencer.
Il ne faut pas baisser les bras, il faut persévérer. Ceci est mon combat au qotidien.
Bravo ma Faby le monde t’attend pour que tu nous aident au travers de ton expérience à lever les tabous